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Potager d’intérieur : Entre le rêve et la réalité

4 Commentaires

Potager intérieur d'hiver

Laitues, persil, basilic, coriandre… Ça pousse en grand dans mon micro-potager !

Qui n’a pas déjà rêvé de cultiver ses propres légumes en hiver dans le confort de son intérieur? Rien qu’à penser aux bons légumes du potager de l’été dernier que nous voilà vendus à l’idée de prolonger nos récoltes avec un potager d’intérieur. Les médias nous inondent d’images et d’articles louangeurs sur le sujet et le commerce fait tout pour nous vendre des kits de culture high tech aux promesses toutes plus alléchantes les unes que les autres. Mais, dans la vraie vie chez-soi, à quoi doit-on s’attendre ? Peut-on vraiment cultiver avec succès des légumes à la maison ?

Je ne sais pas si vous pensez comme moi, mais dans mon esprit un potager ça signifie d’abord: tomates, poivrons, concombres, laitues… Les fines herbes sont un complément utile voire indispensable en cuisine, mais je ne puis me résoudre à considérer un jardin de fines herbes comme un potager. Donc, peut-être faudra-t-il vous questionner d’abord sur vos attentes avant d’entreprendre vos cultures. Mettre la barre trop haute au départ risque de conduire à des déceptions. Vous rêvez de cultiver des aubergines en hiver ? Oubliez ça. Par contre, ne serait-ce qu’avoir des herbes fraîches à portée de la main pendant tout l’hiver, ce sera déjà une source de plaisir et de satisfaction.

Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

La lumière

Les plants de légumes exigent beaucoup de soleil; on parle d’au moins 6 à 8 heures par jour et ces recommandations s’adressent au potager extérieur en été. C’est beaucoup demander en hiver sous nos latitudes nordiques. Les jours sont très courts et l’intensité lumineuse, à midi, équivaut à peu près à celle que nous avons l’été en fin d’après-midi; ceci quand le soleil daigne bien se montrer. Effectivement,  il n’est pas rare d’avoir plusieurs jours consécutifs de grisaille, notamment entre le début novembre et la mi-janvier.

On aura beau bénéficier d’une grande fenêtre orientée plein sud, ce sera tout de même insuffisant pour les légumes-fruits (tomates, poivrons, concombres etc.).  Songez que même les producteurs en serres doivent avoir recours à un éclairage d’appoint pendant l’hiver. Il vous faudra donc vous rabattre sur la culture des fines herbes et des légumes-feuilles (laitue, épinards etc.). L’éclairage artificiel peut bien-sûr vous permettre d’accéder à des cultures plus exigeantes en lumière, mais il a ses limites et ses contraintes.

Le coût

S’il vous faut absolument utiliser un éclairage artificiel, faute de fenêtres ensoleillées, le moyen le plus simple et le moins dispendieux à l’achat reste encore l’éclairage fluorescent (tubes ou ampoules fluocompactes). Ce système est facile à installer et peu coûteux, tant à l’achat qu’en consommation d’électricité. Il convient particulièrement bien aux fines herbes et aux légumes-feuilles. Pour les légumes-fruits, ça peut toujours aller jusqu’à un certain point, mais pour des récoltes vraiment intéressantes, il faudra vous tourner vers des lampes haute pression au sodium ou au mercure. Malheureusement, elles coûtent cher à l’achat et en consommation d’énergie par la suite. Vous devrez probablement aussi modifier votre installation électrique car des lampes de 400 ou 1000 What ça tire énormément d’énergie. Je doute fortement que l’investissement en vaille la peine.

Restent les nouveaux systèmes à lumières DEL, chers à l’achat mais peu énergivores. Toutefois, la lumière magenta qui en émane ne conviendra pas forcément à tous les décors. Ce sont des systèmes de première génération et je suis persuadé qu’il y a encore place pour de l’amélioration. Quant aux élégants kits high tech, je n’en ai point encore vu dont la performance puisse justifier leur coût exorbitant.

L’espace

Les légumes ont ceci de particulier qu’ils sont comestibles. Vous allez les cueillir, de préférence à maturité, mais vous devrez en semer d’autres afin de pouvoir les consommer à nouveau. Selon l’importance de la consommation que vous en faites, il faudra porter une attention particulière à l’espace requis pour leur culture. À titre d’exemple, vous pouvez apercevoir une partie de ma production de laitues sur la photo qui coiffe cet article. Comme j’adore la laitue et veux être autosuffisant, j’en sème 3 à la fois (une par pot) à toutes les 2 semaines et les cueille 5 ou 6 semaines plus tard. Cela me fait donc 9 pots (6 lors de la cuillette) à disposer sur ma tablette. Celles sur la photo sont à mi-chemin de leur grosseur finale. Superficie nécessaire: 3.5 pi2 (0,3 m2). Ceci pour la laitue seulement. Je multiplie cette surface par 4 si j’inclus mes oignons verts, mes haricots (eh oui) et bien sûr mes fines herbes.

radis en pot

Ils étaient bons mes… 18 petits radis

Je raffole également des radis, mais ça prend tellement de place pour arriver à obtenir une production constante que j’ai dû renoncer. Alors je vous pose la question: Avez-vous l’espace suffisant pour satisfaire vos ambitions?

À moins de posséder une serre de bonnes dimensions et encore faudra-t-il faire face au coût de chauffage, il vaudra mieux faire des choix parmi ce que vous aimeriez cultiver à l’intérieur et ce que vous pouvez cultiver. Faute de pouvoir parvenir à l’autosuffisance, vous aurez au moins le plaisir de jardiner en hiver et de savourer le fruit de vos récoltes, si modeste soit-il.

Le temps

On aura beau vouloir faire simple, cultiver des légumes exige un minimum de soins donc de temps. Les semis, le repiquage, la taille et l’arrosage ne se font pas tout seul. À moins de vous contenter d’un pot de persil sur lequel vous cueillerez parfois quelques branches pour décorer vos plats, vous devrez accorder à votre rêve une portion non négligeable de votre précieux temps. Mais quel bien-être vous en retirerez.

Bonnes récoltes et à la prochaine.


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Auteur : Marc Meloche

Je suis coach de jardin dans la belle région de Lanaudière au Québec. Horticulteur et paysagiste conseil, j'aborde avec vous le jardinage de façon différente, simple et cool.

4 réflexions sur “Potager d’intérieur : Entre le rêve et la réalité

  1. Dans quels types de pots semez-vous et/ou repiquez-vous vos salades ?

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    • J’utilise simplement des pots de plastique de 15 cm de diamètre par autant de profondeur. En fait, n’importe quel type de pot peut convenir, à la condition que le fond soit percé de quelques trous pour assurer le drainage.

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  2. Depuis plus d’un1 an j’ai un potager intérieur et d’aquaponie je m’en passerai pas par contre j’ai choisis après maintes réflexions, une agrolux 1000 watts double ended nouvelle génération = 15-20$ de plus par mois facture électrique, oui j:ai débuté avec les fluos rien a voir avec l’agrolux question rendement,. Ce printemps j’ai tout replanté dans mon potager extérieur , je récolte depuis 2 semaines 🙂 En fait ma question est ceci, pourquoi le si peu d’intérët du potager intérieur au
    Québec ?

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    • Il est évident qu’avec un growlux 1000 watt, vous aurez des rendements supérieurs, notamment avec les légumes- fruits. Quant au peu d’intérêt, le peu de soleil près des fenêtres en hiver et le manque d’espace pour installer une culture sous éclairage artificiel en sont probablement les principales causes.

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